27 juin 2013

Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson

001011154 Quatrième de couverture : "Assez tôt, j'ai compris que je n'allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m'installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie. J'ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j'ai tâché d'être heureux. Je crois y être parvenu. Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie. Et si la liberté consistait à posséder le temps ? Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ? Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu."


 
Impressions :
 
Dans les forêts de Sibérie a eu le prix Médicis essaie 2011.
 
Tout d'abord, j'avoue ne pas avoir compris tout les mots de ces 288 pages mais comme le dictionnaire est mon ami, j'ai plus ou moins enrichi mon vocabulaire (peut être un jour caserais-je le mot "ésotérique" dans une conversation, qui sait ? ^^ ).
 
Dès le départ, le concept de cet homme fuyant la société de consommation dans laquelle nous vivons m'a plu. Ca m'intéressait de savoir comment un homme pouvait ne pas mourir d'ennui, avec pour seul compagnie la nature et deux chiots. En définitive au cours de ma lecture j'ai eu plusieurs fois envie d'aller habiter dans une isba au bord du Baïkal !
 
Il faut dire, aussi, que S. Tesson écrit merveilleusement bien. Je m'arrêtais parfois dans ma lecture pour relire une phrase, un passage qui me sidérait tellement les mots s'ajustaient parfaitement entre eux. Peut être es-ce parce que je ne lis pas souvent des livres ayant reçus des prix mais enfin ! C'est magnifique, poétique, il teinte son livre de descriptions sans que jamais on ne s'ennuie nous lecteurs, le ponctue d'ironie et le rend à la fois doux et fort (notamment lors de ses rencontres avec les Russes). Je pense que même si la nature ne vous intéresse pas, vous aimerez ce livre.
 
S. Tesson nous plonge dans son quotidien répétitif (vivre en auto-subsistance entretient !) sans détours, simplement. Il nous raconte ses longues escapades dans la taïga mais aussi sur le lac, ses lectures d'ermite, ses contemplations, ses pensées sur les hommes ou les bêtes... Sa vie, en fin de compte, ou plutôt six mois de sa vie, isolé de ses 7 milliards de semblables.


 Un passage : "L'homme libre possède le temps. L'homme qui maîtrise le temps est simplement puissant. En ville, les minutes, les heures, les années nous échappent. Elles coulent de la plaie du temps blessé. Dans la cabane, le temps se calme. Il se couche à vos pieds en vieux chien gentil et, soudain, on ne sait même plus qu'il est là. Je suis libre parce que mes jours le sont."

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