2 juil. 2013

Traqué, Andrew Fukuda


Quatrième de couverture : 

Gene est l’un des derniers humains sur Terre. Son seul moyen de survie : se faire passer pour l’un de ses prédateurs. Ne pas rire, ne pas transpirer, ne pas montrer qu’il est un « homiféré ». Cela fait dix-sept ans qu’il se fond parmi ceux qui n’hésiteraient pas à le tuer s’ils découvraient sa véritable nature.

Chaque décennie, le gouvernement organise un immense jeu où une poignée de privilégiés peuvent pister et dévorer les rares humains retenus en captivité pour l’événement. Sélectionné pour traquer les derniers des siens, Gene ne peut commettre le moindre faux pas. D’autant qu’une mystérieuse fille éveille en lui des sentiments qu’il n’a pas le droit d’avoir. Des sentiments qui pourraient le trahir.

Gene a la rage de vivre… mais vaut-elle le prix de son humanité ?



Au départ ce qui m'a attiré vers ce livre est le monde dans lequel l'auteur se proposait de nous emmener. Je me demandais comment il allait réussir à rendre "réel" cet univers que je trouve assez original et qui me semble d'une richesse incroyable à exploiter. 
Gene est donc un humain (contrairement à la majorité de la population) et la narration à la première personne permet véritablement d'entrer dans sa tête : toutes ses émotions, ses souvenirs nous sont exposés. Mais en même temps, comme nous sommes dans sa tête, l'auteur ne peut s'étendre sur tous les aspects, les détails qui caractérisent le monde dans lequel vit son héros, au risque de perdre toute crédibilité. Du coup, la construction de son univers s'en trouve freiné. Si j'ai trouvé l'idée de base assez bonne, l'auteur n'en tire, à mon avis, pas assez profit.

Ensuite, parlons des personnages. Pour moi c'est l'ingrédient miracle qui fait passer un roman d'une simple lecture agréable à un véritable coup de cœur. Et là... Et bien on ne peut pas dire que j'ai vraiment accroché. D'abord, j'ai trouvé qu'il y avait un véritable décalage entre la façon de s'exprimer de Gene et ses pensées. J'imagine que ce décalage est voulu par l'auteur pour montrer que Gene joue un rôle, mais cela m'a dérangé. Et puis même si ce qu'il vit est très dur, je l'ai trouvé un peu lâche, un peu froid, un peu égocentrique. Certes il y a de quoi mais je ne sais pas je n'ai pas réussi à m'attacher à lui. Je pourrais dire que les personnages secondaires ont remonté le niveau mais ce n'est pas vraiment le cas : Ashley June m'a laissé de marbre et il me semble que l'auteur a délibérément tenté de dénigrer les "prédateurs", les montrant simplement comme des bêtes sauvages sans cervelles incapables de se contrôler. Les seuls qui m'ont un peu touché sont les homiférés livrés à la mort. 

De plus, j'ai trouvé la fin assez... surréaliste. Tout s’enchaîne très vite, sans explications "concrètes" : je veux dire par là que, si l'auteur nous livre les ressentis de ses personnages, leurs actions, elles, sont un peu floues. Et même selon moi, peu réalistes. En fait, je pourrais comparer ce roman a une montagne : on monte doucement, on est enchanté en haut et puis on redescend en trébuchant. 

En effet, malgré ces quelques points négatifs, je dirais que le roman est tout de même assez bon. L'écriture est fluide et sans heurts, on se laisse prendre dans une intrigue qui ne connait pas de temps mort et les quelques révélations que nous offre l'auteur, sonnent comme des coups de tonnerre en remettant tout en question. 

Pour résumé, ce fut un agréable moment de lecture (si si !) dont je ne garderais cependant pas un souvenir impérissable à moins que le tome 2 ne soit meilleur :)


Un passage : "N'oublie jamais qui tu es. Je n'ai jamais compris pourquoi il disait ça. C'est comme de dire n'oublie pas que l'eau est humide, que le soleil est brûlant ou que la neige est froide. Ça coule de source. Je ne vois pas comment je pourrais oublier qui je suis. Tout me le rappelle en permanence. Chaque fois que je me rase les mollets, que je réprime un éternuement, que j'étouffe un rire ou que je me m'efforce de tressaillir au moindre rai de lumière naturelle, tout me rappelle qui je suis. Une contrefaçon."


344 pages
15,95 €

Je me remercie chaleureusement Livraddict et les éditions Michel Lafon pour ce partenariat !

8 commentaires:

  1. Ce livre m'a l'air pas mal malgré ces quelques points négatifs. Je crois que je vais me laisser tenter par cette lecture. Merci pour ta chronique !
    Viviane de pluie d'encre

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    1. Oui il vaut quand même le coup d'oeil ;)

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  2. J'avoue que le résumé est plus que tentant, dommage que l'auteur n'ai pas su en tirer assez profit. Mais il va quand même rejoindre ma wish list. Merci pour la découverte :)

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  3. Le résumé de ce livre est particulièrement tentant, et je pense que je me serrais jeter dessus s'il n'y avait pas eu tous ces avis négatifs... Mais si je le croise en bibliothèque, je saute dessus !

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  4. Le résumé est en effet assez tentant, comment un humain peut réussir pendant autant de temps réfréner sa vraie nature ?! Mais le fait que tu soulève que à cause de la première personne, l'univers n'en n'ai pas développé, cela me pose un soucis. J'aime les univers fouillé.

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    1. C'est vrai que je ne pense pas qu'il te conviendrait, du coup :)

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